Texte original écrit par Paul Beaulieu, le 27 février 1996.
Présenté à la Place des Aînés en février 1997,
au concours de la Saint-Valentin – Premier prix!
C’était un soir de juillet dans la tiédeur du crépuscule.
Au parc, dans l‘intimité de l’allée des amoureux envahie par le parfum des arbustes en fleur,
nous marchions tous les deux.
Tu avais vingt ans, tu étais belle et je t’aimais.
Je t’aimais comme on aime à vingt ans.
Je t’aimais, je le savais.
Ce que je ne savais pas, c’était combien je pourrais t’aimer.
Ça je ne le savais pas.
Mais je n’allais pas tarder à le savoir.
Ça s’est passé simplement. Ce soir là, dans l’allée…
Tu t’es arrêtée…Je me suis tourné vers toi…
Tu m’as tendu les mains…Je les ai prises…Doucement…
Tu n’as rien dit…Je n’ai rien demandé…
Tu souriais. Je regardais, amusé, ton beau visage éclairé par les chaudes couleurs du couchant réfléchi dans tes yeux rieurs, tes grands yeux,
grands…grandis…agrandis…et …
j’ai eu l’impression de me perdre dans tes yeux…de flotter dans une sorte d’irréalité…
Le temps s’était arrêté…l’espace s’était transformé…nous étions transportés…
Une bulle lumineuse nous entourait,
un univers surnaturel nous enveloppait…
Tout était magnifié.
C’était bon…Je me sentais bien…Tu étais avec moi…
Et une évidence s’est imposée à mon esprit,
je t’aimais comme jamais je n’aurais pu imaginer pouvoir t’aimer…
Un miracle se produisait. Tout était clair.
Il n’y aura jamais de doute, jamais de question.
Juste une certitude, une vérité, je t’aime!
Je tenais toujours tes mains que je ne voulais pas laisser, mais je suis certain que si nous avions levé les bras, nous aurions touché le Ciel, Dieu nous aurais
tendu la main.
Ce n’était pas un événement, c’était un avènement.
Je comprenais qu’on pouvait être prêt à mourir pour celle qu’on aime.
Comme on peut dire qu’on est en état de grâce,
j’étais en état d’amour.
Si tu étais partie là, la splendeur de ce moment passé avec toi aurait suffi à remplir ma vie.
Peux-tu mesurer maintenant la grandeur de mon bonheur après toutes ces années passées ensemble?
La magie qui nous enveloppait s’est estompée…lentement…
Nous étions là dans l’allée du parc, bien réels, face à face, mains dans les mains, éclairés par les chaudes couleurs du couchant.
Tu souriais. Je te regardais, médusé…
J’aurais voulu t’expliquer, te dire ce qui m’arrivait, mais je ne trouvais pas les mots.
Aujourd’hui encore, je ne trouve pas les mots.
Tout ce que j’ai pu te dire à vingt c’était « je t’aime, je t’aime, je t’aime…».
Tout ce que je peux te dire aujourd’hui c’est « je t’aime, je t’aime je t’aime…».
Aujourd’hui, quarante ans plus tard,
tu as encore vingt ans, tu es toujours belle et
je t’aime plus que jamais.
Je voulais que tu saches!
Amoureusement, Paul-
P.S. –J’ai eu la chance de voir ce texte publié dans le « Profil Aîné » de mars 1997, faveur
accordé au récipiendaire du premier prix au concours de la St.-Valentin.
Ma plus grande joie a été de te le lire à la Place des Aînés à la St.-Valentin 97.
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