Salut mon Paul
Tu viens de mettre malgré toi
Un point final à ton combat
Dur coup de poing là droit au cœur
Pleure chagrins Fleur de bonheur
Bel optimiste tu croyais
Arracher un autre délai
À cette vie qui te sourit
Mais voilà que ton corps meurtri
Plus que ton cœur supplie sursis
À ce maudit cancer haï
La foi est un bien grand mystère
Face à la vie et ses chimères
Elle peut servir à consoler
Ceux qui derrière sont restés
Mais la question bien au présent
Où es-tu mon Paul maintenant
Tu es vivant de tes racines
Blanches et feuilles tu peaufines
Comme grand chêne bien planté
Tu seras pour l’éternité
Dans notre mémoire collective
Où tu accroches des sourires
Je ne veux pas pleurer sur toi
Suis éblouie par ton combat
Tu gardes ton esprit vaillant
Si admirable et bienveillant
Je veux bercer au fond du cœur
Doux souvenir de ta candeur
La mort sur la vie sans détours
Nous mène tous et sans recours
À notre propre heure dernière
Et quoiqu’on pense du calvaire
Elle demeure inéluctable
Et toujours aussi détestable
Salut mon Paul tu as été
Mon grand bonhomme et grand bébé
Maniaque de précision
Assoiffé de ponctuation
Si tu n’y avais pas été
Il aurait fallu t’inventer
Pour découvrir comme elles sont belles
De Rosemont toutes tes ruelles
Tes souvenirs d’enfant heureux
Qui nous ont tous rendus envieux
Fidélité à l’atelier
Ton regard bleu va me manquer
Tu me fais vivre cette fois
Mon tout premier deuil littéraire
Voilà mon cœur est en émoi
Mais refuse de m’y complaire
Je ne veux conserver de toi
Que tes beaux élans sans mystères
Ton souvenir m’apporte joie
Je veux copier ton savoir faire
Dans mes déprimes je suis sans voix
Je reste le cœur à l’envers
Était-ce là cadeau de roi
Pourrais partir à sa conquête
Salut mon Paul semeur de joie
Salut mon Paul donneur d’espoir
Salut mon Paul tu reste là
Dans l’ailleurs de notre univers
Mireil
7 mai 2006
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Adaptation française d'un texte écrit par le dramaturge américain Eugene O'Neil à la mort de son chien en 1940. Vous pouvez le trouver en librairie sous le titre "The Last Will and Testament of An Extremely Distinguished Dog".
La Vie m\'a encore une fois jettée par terre : j'ignorais même ta disparition de la surface de cette Terre...
J'ai eu le priviliège de te croiser pendant quelques années de ma vingtaine. Mes souvenirs à moi sont ceux de ce Monsieur rieur, qui se plaisait à raconter comment il avait arrêté de fumer... Quand une blague circulait au bureau, les collègues disaient : "Raconte-là à Paul, il va la tousser !"
Je me souviens aussi qu'à la maison, tu mangeais à table, bien calé dans ta chaise bercante, discourant sur la nécessaire indépendance... Et les beaux dimanches après-midi, tu écoutais religieusement l'Opéra à la radio, en jardinant aux côtés de ta belle Gisèle.
Heille Paul : mes hommages, mon vieux...